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| EUROPE ECOLOGIE LES VERTS |
| ASSEMBLEE GENERALE DE 04 DECEMBRE 2010 A CORTE | Le rassemblement des forces écologistes est un moment important pour un avenir durable pour la Corse. Les assises constituantes d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) qui se sont déroulées le 23/11 à Lyon installent dans le paysage politique un outil à la hauteur des enjeux environnementaux et sociaux qu’il nous faut maintenant concrétiser ici.
Aussi, nous espérons que tu seras parmi nous le samedi 4 décembre 2010 à Corte (Université de Corte) à compter de 10 H.
Seuls les adhérents à jour de leur cotisation 2010 (Europe Ecologie, Iverdi Corsi ou les nouveaux adhérents EELV) pourront voter.
Une collation en commun sera prise sur place entre 12h et 13 h tu voudras bien nous informer si tu y participes (helene.erika@gmail.com -prévoir 10 € de participation).
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| LES SCORPIONS ET LAVAL |
| Par sa nature, la crise systémique de la mondialisation qui a éclaté l’été 2007 n’a de l’avis général pour précédent que celle de 1929.
Fort heureusement, l’expérience aidant, l’effondrement général a pu être évité par une coordination minimale des politiques des grands pays (création du G 20, etc), mettant en œuvre des politiques de renflouement de la demande : politiques monétaires accommodantes et surtout politiques budgétaires exceptionnellement dynamiques, par rapport aux normes précédentes.
| Ainsi, un palier de consolidation a pu être atteint à la fin du 1er trimestre 2009 dans les pays anciennement développés et, aujourd’hui, les pays émergents semblent être repartis comme auparavant dans une croissance, peut être même trop rapide, compte tenu de son emballement . Certes, cette reprise en V et donc le découplage mondial qui en découle face à une reprise US en U, et pas de reprise du tout en Europe (le schéma en L, typique des situations de dépression), pour autant qu’elle se confirme, est un moindre mal sur le plan économique. Mais elle posera dan les années à venir des problèmes géopolitiques d’une exceptionnelle gravité, si américains et européens ne consentent pas rapidement à une transformation fondamentale de la gouvernance mondiale, et le renforcement du système des Nations Unies dans les directions déjà proposées par le mouvement altermondialiste : on ne sort pas d’une crise systémique par les seules politiques conjoncturelles, même adéquates, mais en transformant en profondeur le système en crise.
Nous sommes donc en 1934, et avant même que les contradictions géopolitiques nous assaillent dans les années à venir, les aberrations économiques et financières, plus particulièrement de ce côté de l’Atlantique, nous menacent de façon encore plus urgente. Comme l’a magistralement démontré Joseph Stiglitz dans le « triomphe de la cupidité » une course de vitesse est aujourd’hui engagée entre les Etats et les lobbies financiers internationaux, qui les harcèlent à coup de spéculations.
Car le spéculateur est, par nature, un scorpion. On connaît le conte : un scorpion se tenait sur le bord d’une rivière et, voulant passer sur l’autre rive, demanda à un chien de le transporter sur son dos. L’autre commença par refuser de peur d’être mortellement piqué. Mais le scorpion lui objecta qu’il n’avait rien à craindre, puisque s’il le faisait, il mourrait, lui aussi, noyé. Le chien fut convaincu, mais au beau milieu du guet le scorpion le piqua. Et comme le chien, mourrant, lui jetait un dernier regard étonné, le scorpion lui lança, avant de périr à son tour : « Que veux tu, je n’ai pas pu m’en empêcher, il est dans ma nature de piquer ». Il est, de même, dans la nature du spéculateur de spéculer. En 2007, il spéculait contre les pauvres (subprimes), en 2008 contre ses semblables, aujourd’hui, il spécule contre les Etats qui l’ont renfloué, quitte à ce que leur effondrement entraîne, au milieu du gué, sa propre noyade.
En pratique, les spéculateurs sont restés tout-puissants du fait de l’incapacité des Etats à mettre en œuvre les nécessaires régulations que tout le monde s’accordait pourtant à reconnaître urgentes. Comme nombre d’entre eux ont besoin de se refaire (comme on dit dans les casinos), après les pertes qu’ils ont globalement subies du fait de leurs errements précédents, voici qu’ils s’en prennent aux déficits publics, qui ont été générés pour les sauver ! Ils sont donc en train de gagner la course de vitesse prévue par J Stiglitz.
Or, que font pendant ce temps les Etats, principalement l’Allemagne, relayés par la catastrophique commission Barroso ? Au lieu de commencer par réguler les agents, les mécanismes et les produits de la spéculation, ils se soumettent aux diktats des pires d’entre eux (Goldman Sachs en est le nouveau symbole) et de leurs agences de notation amies : pourquoi ne pas avoir déjà créé une agence publique de notation, pluraliste dans sa composition, au niveau européen ? Les « marchés » (lisez les spéculateurs) ne voudraient plus d’obligations d’Etat (qui pourraient de fait être achetés directement par les banques centrales, qui leur prêtent, en attendant à des taux quasi-nuls), et donc dictent leurs lois, eux qui n’acceptent aucun renforcement de celles qui pourraient leur être imosées par les représentants du suffrage universel .
Nous devons le dire crûment à l’opinion européenne, aux responsables allemands et à tous ceux qui, de gré ou de force (les pays du sud de la zone Euro), s’engagent dans cette politique, qu’elle est condamnée à l’échec pour des raisons logiques incontournables et qu’elle est grosse des pires drames, sociaux demain, politiques après demain, géopolitiques enfin : quand on réduit brutalement les dépenses publiques, et que la dépense privée interne est atone (qui veut investir aujourd’hui et qui peut consommer davantage ?), les exportations des uns ont nécessairement pour contrepartie comptables les importations des autres : autrement dit, on ne peut ainsi que se repasser le mistigri de la crise et du chômage. Et dans ce cas le plus facile est de tenir les autres comme responsables de ses propres échecs : qui ne voit le développement d’une xénophobie rampante, depuis des pays de tradition démocratique affirmée (comme le Danemark, les Pays Bas, la Flandre, voire la France) jusqu’aux démocraties renaissantes de l’Europe de l’est, en passant précisément par l’Allemagne : la dérive de ses tabloïds, tels le Bild, n’inquiéterait pas ? Le vrai danger pour l’Allemagne et ses « partenaires » aujourd’hui, n’est pas le retour à l’hyper-inflation, alors que l’Europe est, au contraire, au bord de la déflation : c’est de réinventer la politique de Pierre Laval en 1934, la déflation salariale, déjà imposée aux pays d’Europe du sud. Ceci est encore plus inquiétant que la presse et une partie des dirigeants allemands les qualifiaient, presque gentiment, de pays du Club Med dans les années 1980, et qu’ils les traitent aujourd’hui à satiété de PIGS . Quand j’entends un ami hellène rétorqué, meurtri : « historiquement, c’étaient qui les porcs ? », j’avoue frémir dans mes convictions européennes de toujours.
Dans les mois qui viennent l’ampleur et la convergence des politiques de déflation salariale menées dans toute la zone euro et au Royaume Uni vont nous précipiter, dans la spirale baissière, qui avait pu être enrayée l’an passé : il en résultera une chute des recettes fiscales, qui ira exactement à l’encontre des objectifs proclamés ! Le danger est tel que l’administration américaine et le FMI sont allés à Berlin pour le signifier à la chancelière allemande, pour l’instant autiste, engoncée dans ses craintes électoralistes
Non pas qu’il faille négliger le développement d’un endettement public incontrôlé, mais tout est dans la manière de le faire. Sans entrer ici dans un débat technique, quelques principes simples devraient s’imposer, en même temps que seraient mises en place les transformations des pratiques de gouvernance et de régulation évoquées plus haut :
- en premier lieu, les objectifs de finances publiques devraient être fixés, comme c’est d’ailleurs le cas aux USA, pour un horizon plus lointain que 2013, réduisant d’autant l’effort annuel à consentir, et rendant par là-même crédibles les engagements de reprise en main .
- En deuxième lieu, ces objectifs doivent concerner essentiellement le taux d’endettement public net (on déduit les créances, qui représentent en moyenne la moitié, du taux brut affiché pour effrayer la grande majorité des gens) et ce taux n’a aucune raison de viser le ratio de 60%, qui ne figure d’ailleurs pas dans le Traité de Maastricht, mais dans le seul « Pacte de stupidité de 1999 », comme l’avait joliment qualifié Prodi alors président de la commission européenne, pacte qui n’a aucune valeur constitutionnelle et qui mériterait d’être renégocié sur de toutes autres bases . En réalité, le niveau absolu d’endettement importe moins (il est de plus de 200 % au Japon) que sa stabilité, chaque pays disposant d’un potentiel de croissance à long terme (bien plus faible en Allemagne qu’en France du fait d’évolutions démographiques très différentes), d’un taux d’épargne national (très élevé chez les Japonais, relativement élevé en France, très faible aux USA, etc.), et enfin d’un niveau de créances, bien différents.
- En troisième lieu, les mesures d’assainissement des finances publiques ne doivent surtout pas privilégier la diminution des dépenses publiques, mais essentiellement l’augmentation des recettes publiques, si on souhaite obtenir le maximum d’efficacité, en bridant le moins possible l’activité et l’emploi. Ce n’est pas là une affaire d’idéologie, mais d’analyse économique élémentaire, comme doit le savoir n’importe quel étudiant débutant en économie : cela s’appelle le théorème d’Haavelmo, du nom du prix Nobel norvégien, qui en a apporté une démonstration difficilement réfutable .
- En quatrième lieu, cette augmentation de la pression fiscale (qui n’est que le reflet de la socialisation de la production et du niveau de solidarité exprimé) doit absolument viser en priorité les revenus épargnés plutôt que consommés. Là encore, ce n’est pas affaire d’idéologie, ni de préférences politiques : si l’objectif premier était de lutter contre l’inflation, c’est du seul point de vue économique exactement le contraire qu’il faudrait mettre en œuvre. La principale objection qui peut être formulée contre cette proposition de taxer prioritairement l’épargne et les hauts revenus réside dans le risque de fuite de l’épargne à l’étranger. Outre que l’argument désigne le degré de patriotisme de ceux qui le privilégient, il faut distinguer sérieusement la zone euro et le reste du monde. Pour les 17 pays de la zone, soumis peu ou prou à la même problématique générale (comment contrôler les déficits, sans s‘enfoncer d’avantage dans la dépression), il serait évidemment souhaitable qu’ils adoptent cette même politique, susceptible de leur valoir le soutien de la majorité de leurs concitoyens, qui ne seraient pas touchés par ces mesures. Dès lors, le risque de fuite des capitaux apatrides devrait se faire vers l’extérieur de la zone euro, ce qui devrait avoir des effets sur la parité de l’Euro, sans doute limités, mais bénéfiques sur le commerce extérieur et donc l’emploi dans les pays de la zone .
Finalement, la pertinence politique de moyen terme d’une réduction progressive et socialement acceptable des déficits, rejoint la question stratégique de long terme de réduction des inégalités en Europe et dans le monde, laquelle est absolument nécessaire , si on veut que la masse des consommateurs, et notamment les plus pauvres, aient un pouvoir d’achat suffisant et que les entreprises, particulièrement les plus petites, qui dépendent des marchés locaux, aient la volonté d’investir.
Mais pour cela, il faut d’abord remettre les scorpions dans leur boîte et se débarrasser une seconde fois de Pierre Laval.
Domi Taddei
1 Sa source semble bien se situer dans les décisions politiques et administratives chinoises, qui semblent parfois inquiéter ses propres initiateurs.
2Traduction française, Edition LLL, Paris, février 2010
3Celle-ci vient de promettre « d’accélérer, durant l’été, les discussions entre les pays membres » contre les formes les plus scandaleuses (« les achats à nu », où on spécule sans risquer un seul euro), et cela après 3 ans de crise !
4Aucune société ne peut fonctionner sans loi : ceux qui dénigrent celles de la politique font nécessairement le jeu des affairistes et des maffieux
5Portugal, Italie, Grèce et Spain sont donc des cochons !
6Pour les pays les plus endettés, tels la Grèce, la renégociation d’ensemble de la dette peut être une solution finalement plus rassurante que les paris stupides auxquels on soumet le pays.
7 Et non pas le déficit budgétaire annuel, qui offre une garantie en trompe l’œil, comme le démontrent cruellement les exemples espagnols et irlandais, excédentaires avant la crise et bien plus menacés que la plupart des autres pays de la zone, ayant connu un plus fort déficit budgétaire (la France, notamment)
8 Nous nous permettons de renvoyer à notre rapport devant le Conseil Economique et Social de 2003, qui avait été voté par 137 voix contre 3 et 32 abstentions… Journal Officiel, CES N° 2003-20
9 Une diminution de 100 des dépenses réduit d’autant la demande globale déjà déficiente. Par contre, une hausse des impôts réduit moins celle-ci, car les contribuables ne consomment pas 100% de leur revenus nets. Evidemment ce dernier argument est d’autant plus vrai qu’on prend en compte notre quatrième préconisation.
10 Il existerait alors plusieurs effets de sens contraire, limitant l’effet global net.
11 Bien entendu, cette réduction des inégalités au bénéfice des facteurs fixes (le travail) et au détriment des facteurs mobiles (le capital, qu’il soit financier, relationnel ou culturel) suppose bien d’autres mesures concernant en priorité le contrôle des mouvements de capitaux, particulièrement de court terme, suivant les politiques de l’Inde ou du Chili, ainsi que les conditions d’un commerce loyal, écartant toutes les formes de dumping,
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| Développement et nouvelle corsitude |
| Depuis près de 50 ans, la Corse change, très vite, plus vite sans doute qu’elle ne l’a jamais fait, plus vite que la plupart des autres régions proches, françaises ou non, riveraines de la Méditerranée occidentale . Un article de Dominique TADDEI.
| Car la Corse attire : les touristes dont on critique justement la concentration dans le temps et dans l’espace ; mais aussi les retraités , Corses ou non Corses ; mais également la population active, plus française d’ailleurs qu’étrangère, et provenant surtout de Provence Alpes, Côte d’Azur et d’Ile de France, régions qui étaient jadis les premières destinations des émigrés corses .
C’est que la Corse dispose d’atouts exceptionnels dans le monde d’aujourd’hui et de demain. : le soleil, la mer, sa position géographique, son environnement, certes menacé, mais qui demeure sans doute le moins abîmé de toute cette région du monde.
Notre croissance démographique et économique, indéniable sur un plan quantitatif, fait qu’on ne peut plus parler d’un « pays qui se meurt », ni même d’un pays sous développé , même s’il en conserve bien des stigmates.
Mais, d’un point de vue qualitatif, de quel développement s’agit-il jusqu’à présent ? Si on laisse se poursuivre les tendances passées, pire si on les encourage, comme le proposait le projet de PADDUC « à 18 trous », que la société civile a victorieusement combattu, ce type de développement n’est certainement pas durable.
Le mal développement de la Corse n’est pas durable
Il n’y a pas, en Corse, de développement durable, ni sur le plan environnemental, ni sur le plan social, ni sur le plan démocratique, ni sur le plan culturel.
Le mal développement actuel n’est pas durable sur le plan social et éthique. Il en est certes de même partout ailleurs dans le monde, mais il se manifeste dans notre île de manière spécifique, attisant des contradictions sociales souvent pires qu’ailleurs :
- Les inégalités de revenus et encore plus de patrimoines se creusent. Toutes les statistiques et toutes les enquêtes le montrent, sans parler de leur face inavouable, mais cependant de plus en plus visible. On pourrait d’ailleurs construire des indicateurs « identitaires » pour les mesurer : ainsi, la corrélation existante entre d’une part, la longueur des yachts e/ou le nombre de Porsches et, d’autre part, la longueur des files d’attente au Pôle Emploi et aux Restaurants du cœur !
- La précarité ne cesse de s’étendre, entraînée par 4 circonstances aggravantes qui se conjuguent dans notre île : premièrement, une hyper-spécialisation dans des secteurs d’activité (cafés-hôtels-restaurants ; BTP), où, comme partout, le droit du travail est particulièrement faible. Deuxièmement, la prépondérance écrasante des très petites entreprises qui facilite, ici comme ailleurs, les situations de non droit. Troisièmement, la sur-exploitation de la main d’œuvre étrangère, qui en vient à défier tout notre supposé humanisme. Quatrièmement, la saisonnalité entraînée par la concentration touristique.
- Enfin, on aura garde de ne pas oublier la régression de la plupart de nos services publics, notamment dans le milieu rural, c'est-à-dire la plus grande partie de notre territoire, avec une mention toute particulière pour les carences dans le domaine sanitaire et celui des logements sociaux.
Cet ensemble grandissant d’injustices n’offre trop souvent à notre jeunesse, particulièrement aux jeunes filles, pourtant plus diplômées que la moyenne, trop souvent que le choix entre l’exil et une « nouvelle domesticité » .
Le mal développement actuel n’est pas durable sur le plan écologique :
Ceci résulte d’abord d’une contradiction qu’on ne peut feindre d’ignorer : vouloir se développer grâce à un territoire « préservé » complique inéluctablement cette préservation : quoi de plus artificiel, ou du moins volontariste, que l’extension de « réserves naturelles » ? Mais, en plus de ces difficultés universelles, nous avons, ici encore, nos propres contradictions :
- L’aggravation du dualisme entre deux Corses : d’un côté un littoral, en voie de « bétonnisation » croissante : comment ne pas faire aujourd’hui ce que les Baléares prétendent maintenant défaire ? De l’autre, une désertification croissante de tout l’intérieur de l’île, dès lors qu’on s’éloigne de plus de plus de 10 kilomètres de la côte.
- La multiplication de grands travaux, souvent plus spectaculaires qu’efficaces pour notre bien commun. N’est-il pas temps d’engager une renégociation transparente du P.E.I., avant que tous les espoirs et les financements ne disparaissent dans un tunnel (de préférence ferroviaire) ?
La tendance générale à un « déménagement du territoire », à travers son mitage accéléré, près des villes côtières et le long des principaux axes routiers, pose crucialement la question de la maîtrise citoyenne du foncier, également décisive pour la préservation d’une agriculture de qualité.
Face à ces contradictions croissantes, il existe en Corse, peut être plus encore qu’ailleurs, une prise de conscience collective de la nécessité d’une transformation radicale de nos modes de production, de transport et de communication, débouchant sur plus d’identité et plus de proximité. Mais cette prise de conscience se heurte encore aux intérêts immédiats des promoteurs immobiliers et des grandes surfaces, de même qu’aux énergivores inconscients, adeptes des piscines privées, des 4x4 et de la « clim ».
C’est pourquoi, la société civile, en liaison avec l’université, devrait prendre l’initiative de la rédaction d’un nouveau PADDUC, à partir de la base : c'est-à-dire tout à la fois à partir des citoyens actifs, mais aussi à partir des territoires pertinents. C’est ce qui a conduit le nouveau Forum des Citoyens Actifs de Balagne (FCAB) à se lancer dans un projet de Paddub (Balagne), qui a vocation à s’articuler avec tous les autres, qui pourraient être élaborés dans l’île.
Le mal développement actuel n’est pas durable sur le plan démocratique :
Tout n’est cependant pas de la faute de Paris, Bruxelles et Wall Street, unis dans on ne sait quelle conjuration contre la « pauvre Corse », pour reprendre l’expression favorite des auteurs du XVIIIème siècle ! La pulitichella, a l’usu corsu, demeure, plus que les chèvres, et autant que les incendies, une des plaies majeures de l’île. Ce qui est sans doute plus nouveau est que la perpétuation de ces mœurs politiques exaspère un nombre croissant de nos compatriotes ! Ainsi, les palinodies actuelles des trois grandes familles politiques interdisent tout débat sérieux sur les urgences, les programmes à 4 ou 5 ans, ou les perspectives à plus long terme. Adeptes du bel canto, la plupart des élus ne s’intéressent qu’à la musique de leurs propos, manifestement peu sensibles au vide de leurs paroles.
Le fait est que le clientélisme règne plus que jamais : l’ancien consistait à intercéder pour obtenir des faveurs à Paris, mais aujourd’hui les caisses y sont vides (enfin, pas pour tout le monde…). Dès lors, le nouveau clientélisme repose sur une pratique autocratique de la décentralisation, multipliée par la confusion des fonctions et l’accumulation des mandats, qui assure la réélection automatique de la plupart des sortants pendant toute une vie et au-delà durant trois ou quatre générations successives : c’est l’hérédité républicaine que préserve l’absence de contenu politique.
La démocratie demeure une idée neuve en Corse . Sa concrétisation exige de mettre en œuvre parallèlement :
- une démocratie participative et délibérative, sur le modèle de Porto Alegre (mais aussi de Berlin et d’ailleurs), mais adaptée à nos qualités relationnelles propres, et qui devrait être de la responsabilité collective de tous les citoyens actifs de cette île.
- une démocratie plus représentative, dont les mesures principales sont simples à énoncer, mais qui représentent autant de combats pour la démocratie : stricte parité femmes-hommes à tous les niveaux (y compris exécutifs), ce qui impose la généralisation des scrutins de liste ; droit de vote et éligibilité des immigrés extra-communautaires ; interdiction du cumul des fonctions parlementaires et locales ; limitation du cumul des mandats ; élection au suffrage direct des communautés de communes…
On rappellera enfin qu’il n’y a aucune difficulté à la mise en œuvre de telles mesures et qu’il suffit pour le faire de bien vouloir utiliser l’actuel statut particulier !
Le développement actuel n’est pas durable sur le plan culturel :
Sans doute, dans ce domaine, le bilan est-il plus contrasté :
- S’appuyant sur la riacquistu, la Corse connaît une véritable renaissance artistique, qui s’étend à une partie croissante de notre patrimoine, matériel et immatériel.
- Mais, dans le même temps, malgré tous les efforts entrepris, la pratique quotidienne de la langue corse poursuit sa régression ;
- L’influence des médias, anciens et nouveaux, américanisés, s’étend ;
- malgré tous les efforts de l’université, l’enseignement supérieur et la recherche sont encore en retard de développement, par rapport à nos voisins et par rapport à nos besoins.
Globalement, si on prend une définition anthropologique de la culture, la Corse est menacée d’une acculturation irréversible. Ce n’est évidemment pas une raison pour se complaire dans la nostalgie trop facile d’un âge d’or, qui n’a jamais existé, ni chez nous, ni ailleurs. Au rebours, la Corse et sa société civile doivent combattre le « mal développement », avec leur génie propre, capable de créer une alliance inédite entre valeurs ancestrales et modernité. Ceci est possible si l’ensemble de ceux qui vivent sur cette île et partagent une communauté de destin, inventent tous ensemble une nouvelle corsitude. En d’autres termes, il s’agit de pouvoir répondre à une question difficile :
Comment peut on être corse ?
La renaissance corse, c'est-à-dire un développement durable fondé sur la construction collective d’une nouvelle corsitude, sera multi-dimensionnelle ou bien elle ne sera pas : elle sera culturelle, mais aussi démographique avec sa composante migratoire et les métissages qu’elle implique, économique, sociale, écologique, politique, etc. : l’affirmation de la corsitude, comme processus politique (au sens large) débouche donc sur une stratégie de transformation générale de la société insulaire qu’il s’agit d’envisager, puis de mettre en oeuvre collectivement. Cette stratégie dessine des perspectives à long terme qu’il nous faut démocratiquement élaborer avec toutes les forces sociales, culturelles et politiques insulaires qui pensent que la politique française d’alternance (depuis un quart de siècle), toujours conduite par les mêmes « élites républicaines », au nom des mêmes intérêts (surtout financiers), pas plus que la pulitichella (depuis presque toujours), ne pourront le faire par elles-mêmes.
L’enjeu, c’est que la population, croissante, de cette île exerce pleinement son droit à la différence et aux différences en son sein, et invente une corsitude pour les décennies à venir, une corsitude qui devra être sociale, écologique, citoyenne, anti-discrimination (qu’elle soit de provenance, de religion ou de sexe) et alter-mondialiste (et par conséquent alter-européenne).
Cette démarche n’est pas celle de la facilité. Elle renvoie à la question soulevée, dès 1721, par Montesquieu, le premier philosophe des Lumières et un des pères de la démocratie contemporaine : comment peut être persan ? Autrement dit, comment peut on être corse au XXIème siècle ? Au delà d’une langue et d’une mémoire collectives, si difficiles à sauver, il ne suffit pas de l’exprimer de façon provocante, en précisant : peut-on encore être corse, si on extirpe, concrètement, au-delà des mots, le racisme et la xénophobie, la violence et le machisme, le clanisme et le clientélisme ? Si on n’a pas le courage d’apporter des réponses concrètes aux questions d’actualité, qui permettent de répondre aux principales déclinaisons de ce questionnement :
* Que reste t’il de corse, quand on a extirpé le racisme et la xénophobie ?
Nous savons maintenant que l’interjection Fora, taguée dans toute notre île, nous a fait marcher sur la tête, en ce qu’elle se présentait comme une volonté d’expulsion violente des « autres ». Nous devons la remettre sur ses pieds, comme le propose courageusement la revue de ce nom, lancée par quelques jeunes intellectuels insulaires. Nous devons pouvoir affirmer que la renaissance de l’identité corse, la corsitude de demain, passeront nécessairement par le dialogue et parfois par l’hybridation des civilisations et des cultures. Mais ses belles et nécessaires déclarations doivent se concrétiser dans les dossiers concrets de l’heure. C’est pourquoi je mentionnerai ici deux questions qui fâchent, parce que le consensus mou est le principal risque de paralysie de la société civile :
La politique de l’Union européenne vis-à-vis de la Méditerranée.
Au-delà de l’évidente géographique (la Corse est au milieu de la Méditerranée) se pose la seule question qui vaille : comment faire pour qu’elle soit au cœur de celle-ci ? Or, il faut admettre qu’il existe à cet égard deux stratégies manifestement antagonistes :
.) celle, néo-colonialiste, de l’Union euro-méditerranéene, du processus de Barcelone et de N. Sarkosy, qui a pour principale fonction de faire de l’argent, en évitant toute intégration entre des pays et des peuples égaux en droit et en fait.
..) celle, progressiste, d’une Union Européenne et Méditerranéenne, par l’entrée progressive de tous les pays demandeurs dans l’actuelle Union. Pour que les choses soient claires, il s’agit, en priorité de la Turquie et du Maroc, en attendant d’ici 10 ou 20 ans, Israêl et la Palestine et les autres pays du Maghreb. Utopiste ? Mais qui pensait 20 ans plus tôt, du temps de Brejnev, que les pays Baltes, membres de l’Union Soviétique, deviendraient, sans tirer un coup de fusil, membres de l’Union européenne ? Et, pour les corses de demain, existe t’il de meilleures perspectives, s’ils veulent être effectivement au cœur de la Méditerranée, et particulièrement entre le Maghreb et l’Europe du sud. Mais, bien sûr, pour que cette perspective fasse réellement sens pour l’ensemble des intéressés, encore faut-il que notre comportement actuel, à commencer par celui des plus hautes autorités , permette :
- Les droits de vote et d’éligibilité pour tous les résidents extra-communautaires.
Ceci concerne dans notre île au premier chef les Marocains. Cette citoyenneté de résidence, réclamée dans toute l’Europe par de très nombreuses associations de la société civile, devrait être accordée, après 3 années de présence dans l’île, car tout le monde a bien compris que ceux qu prônent des durées beaucoup plus longues s’inscrivent par là-même dans des processus d’exclusion civique. Bien au contraire, de quelle démocratie parle t’on, si 10 à 20% des habitants de cette île sont exclus des droits civiques, y compris pour les élections professionnelles ? Ne sommes pas en train de générer un apartheid de fait ?
* Que reste t’il de Corse, quand on a extirpé la violence ?
Peut-on collectivement expliquer à nos compatriotes et, en particulier, aux plus jeunes d’entre eux, que la désobéissance civile peut être légitime ? Mais qu’elle doit alors refuser de le faire clandestinement, sur le modèle colombien, mais avec le visage découvert de Gandhi ou de Mandela. Aucun de ceux qui prétendent exercer des responsabilités ou, du moins une influence dans cette île, ne devrait, après plus de trente ans de drames, alors que le grand banditisme fait sans cesse la une de notre quotidien, continuer de tenir des discours ambigus à cet égard. Mais, comme l’ont démontré les femmes corses, à travers des prises de position publiques exemplaires, cela ne va sans doute pas sans répondre à une troisième question :
* Que reste t’il de Corse, quand on a extirpé le machisme ?
En fait, la lutte séculaire pour la parité entre les sexes, désormais gagnée sur le plan de la Constitution se poursuit partout ailleurs. Nous sommes pourtant à une époque où l’on prétend s’acheminer vers une société de la connaissance. Or, les enseignants vérifient tous les jours que le niveau moyen d’éducation des femmes dépasse de plus en plus nettement celui des hommes. Pourtant, le combat pour la parité concrète continue. D’abord dans les foyers, dans la lutte contre les violences conjugales, bien sûr, mais bien plus largement dans la division sexuelle des tâches ménagères. Dans la société civile elle-même, dont le Forum devrait éviter de proposer un ordre du jour dont les 10 principales responsabilités sont confiées à des hommes : on se croirait au Conseil Général ou, pire, dans une enceinte religieuse ! Ce combat pour la parité est évident contre les projets de réforme territoriale, dits Balladur, qui, derrière le retour à un scrutin à 80% uninominal, s’apprêtent à revenir à moins de 10% de femmes dans les futures assemblées ! Face à cette formidable régression, il faudrait qu’au-delà de cette journée se créée, toute tendance politique confondue, gauche et droite, nationalistes et jacobins, un comité pour la parité électorale, qui exigerait des pouvoirs nationaux et territoriaux l’adoption d’une loi électorale garantissant celle-ci au niveau régional et départemental, tant au niveau des conseils que des exécutifs. Sinon, la démocratie dont nous parlons n’aura pas seulement refusé le droit de vote de vote à 20% d’étrangers, elle aura de fait retiré le droit à l’éligibilité à plus de 50% des citoyens, qui sont des citoyennes ! Ce sera alors une démocratie réduite à moins de 40% des adultes vivant dans l’île, parmi lesquels un nombre croissant d’abstentionnsites.
* Que reste t’il de Corse, quand on a extirpé le clanisme et le clientélisme ?
Une formidable capacité relationnelle, la richesse de nos relations interpersonnelles, voici sans doute la principale vertu qu’on nous envie sur le continent et ailleurs dans le monde. Mais cet esprit de coopération, tirée de notre géographie et de notre histoire, cette capacité de faire vivre une société fondée sur la réciprocité, cette prédisposition à une économie de services et de réseau, qui est à l’évidence l’avenir de l’humanité, peut dans notre île se révéler la pire ou la meilleure des choses. La pire, quand elle s’organise de façon hiérarchique, sous la forme ancestrale du clan et, celle, à peine plus moderne, du néo-clientélisme, qui prétend se légitimer sur une décentralisation, dont on a vu qu’elle débouchait sur des pratiques autocratiques. Depuis 30 ans, tous les nouveaux candidats la dénoncent, avant de la perpétuer à leur tous, s’ils deviennent califes à la place du calife ! La solution est pourtant, on l’a vu, d’une extrême simplicité : il suffit, comme dans tous les autres pays européens, d’interdire le cumul des fonctions exécutives et parlementaires, à la fois dans l’espace et de la limiter dans le temps à deux mandats.
* *
Aujourd’hui, à tous les niveaux, au niveau mondial, comme au niveau insulaire, en passant par les niveaux européens et français, nous sommes, confrontés à une crise systémique. Celle-ci nous oblige désormais à penser en termes de transformation et non pas seulement en termes de réformes ; elle nous contraint à agir en termes d’alternative et non plus seulement d’alternance. De même que la société civile a su, dans le monde entier, générer un mouvement altermondialiste, il devient indispensable qu’ici même, société civile et intellectuels, sachent susciter un alter-corsisme : son ambition ne peut être médiocre, elle est que la nouvelle corsitude puisse, comme le fit, il y a deux siècles, l’ancienne, à son tour étonner le monde !
Domi Taddei
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1Le signe le plus incontestable est la complète inversion du flux migratoire, à partir de la fin de l’empire colonial : en 50 ans, la Corse a retrouvé le niveau de population qu’elle avait perdu en 70 ans, depuis la fin du XIXème siècle.
2 Si un touriste demeure en moyenne 10 jours, un retraité représente en moyenne 35 touristes, sans aucun pic de saisonnalité : on est bien ici en présence d’une « économie présentielle ».
3C’est pourquoi la part des « réémigrants », Corses d’origine, de première, deuxième ou troisième génération, reste à étudier, comme elle l’a été en Espagne et au Portugal, où une même inversion migratoire s’est produite durant la même période.
4 Le revenu par tête se rapproche aujourd’hui de la moyenne des autres régions françaises de province, même si on ne tient pas compte de la part de « l’économie souterraine », qui dépasse vraisemblablement cette moyenne.
5 Suivant la formule d’André Gorz, visant particulièrement les condtions d’exercice de gré à gré des emplois de proximité.
6 Sans doute, existait-elle il y a deux siècles et demi, au temps de la Révolution anti-génoise. Mais, il s’est passé entre temps beaucoup de choses. Est-il trop cruel de rappeler que Napoléon le petit, suivant le mot de Victor Hugo, a vu plébisciter en Corse son coup d’état militaire par 99,9% de nos compatriotes, le 2 décembre 1851 ?
7 ce sujet, on rappellera que la « citoyenneté de résidence » (en tant que modalité du droit du sol) est une bonne chose dans son principe. Mais dans sa pratique, elle devient, telle la langue d’Esope, la meilleure ou la pire, suivant les modalités qu’on en fait : portée à 10 ans, c’est une disposition xénophobe, qui prive de citoyenneté le nouvel arrivant (même Corse, parti quelques années sur le continent ?) pendant une décennie ; limitée à 3 ans (pour éviter les manœuvres d’inscription), il s’agit incontestablement d’une mesure progressiste d’intégration, déjà réclamée par de nombreux mouvements civiques en Europe, sous le nom de « citoyenneté européenne de résidence ». Mais l’ambiguïté entre les deux n’est guère tenable : entre extrême droite et extrême gauche, il faut savoir choisir !
8Deux mandats successifs » est généralement considéré comme une disposition raisonnable. Peut être, dans le cas de quelques familles insulaires, faudrait-il l’étendre à quatre générations ?
9 Ce texte a été rédigé avant que le débat irresponsable sur l’identité nationale ait pris la forme nauséabonde que l’on sait. Ne voulant pas modifier, pour des raisons déontologiques, notre texte communiqué au colloque de
10, nous nous contenterons d’y ajouter que les propos tenus depuis lors sur les minarets sont pour nous l’exact contraire de ce qu’il convient de faire et de dire.
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| Au-delà de la relance et de la régulation économiques, la géopolitique |
| Rien n’est plus stupide en apparence que le clivage apparu dans la préparation du G 20 de Londres entre supporters, anglo-saxons, de la relance, et partisans, Allemagne et France en tête, de nouvelles régulations : non seulement, parce qu’il vaut mieux avoir deux jambes pour marcher, mais surtout parce qu’aucune des deux démarches ne peut réussir sans l’autre.
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Supposons une relance aussi massive qu’on voudra, dans le cadre d’une dérégulation néo-libérale inchangée, si ce n’est de façon cosmétique : sans doute les sommes astronomiques injectées seront dépensées une fois, freinant d’autant la chute de la demande mondiale, c'est-à-dire de tous les pays et de presque tous les secteurs d’activité. Mais aucun effet multiplicateur, base de la théorie de Keynes, ne pourrait se produire : les entreprises bénéficiaires de ces commandes n’iraient certainement pas, pour autant, se lancer dans une nouvelle vague d’investissements, facilitant la « divine » reprise de la croissance ! Car leur défiance actuelle ne repose en rien sur un soudain pessimisme irraisonné, mais sur le fait qu’après en avoir bénéficié, souvent de manière éhontée, ils ont déjà payé, et pour certains très cher, leur confiance longtemps aveugle, dans l’ancien système délabré. Rationnellement, ils se dépêcheraient donc de mettre les recettes provenant des dits « plans de relance » (qu’il vaudrait mieux appeler plans de sauvetage), à l’abri (dans des bons du Trésor, l’or ou le foncier), et l’activité mondiale s’enfoncerait de plus en plus dans une dépression du type des années 30 ou du Japon des années 90. Or, l’opération de relance massive ne pourrait être indéfiniment renouvelée, même en supposant une connivence des banques centrales en faveur d’une création monétaire illimitée. Il n’y a qu’un seul tabou en matière de dette publique, c’est d’arriver au moment où celle-ci devient incontrôlable, parce que l’on ne peut emprunter assez pour rembourser les dettes pré-existantes : das la plupart des pays européens, nous en sommes encore éloignés, mais au rythme actuel, nous n’avons que peu d’années devant nous. Autrement dit, la vulgate keynésienne, brutalement redécouverte par les pays anglo-saxons, relève évidemment des conditions nécessaires (encore faudrait il choisir des dépenses sociales écologiques suffisamment justes et efficaces, pour avoir un minimum d’efficacité), mais ne constitue en aucun cas une condition suffisante.
De son côté, le catalogue de nouvelles régulations proposées notamment par les pays d’Europe continentale peut paraître relever des meilleurs intentions, même si, quand on observe le passé encore récent de ceux qui le prônent, il paraît relever de ces paroles d’ivrognes qui, une fois dessoulés, ne se souviennent même plus des promesses extravagantes prononcées en plein crise. Vraiment Berlusconi, Sarkozy et Barroso, pour n’en citer que trois, seraient donc les apôtres de la future soumission des marchés ? Au demeurant, incapables de s’entendre entre eux sur un minimum de régulation crédible de la zone euro, quelle est leur autorité politique, c'est-à-dire intellectuelle et morale, pour faire valoir une régulation mondiale crédible ? A part envahir Andorre (c’est le co-prince qui serait surpris), le Lichtenstein et peut être la Suisse, c’est un remake de « la souris qui rugissait » qu’ils proposent au reste du monde. Mais supposons même que les anglo-saxons, et plus précisément Wall Street et la City se laissent convaincre de la nécessité de régulations internationales, qui leur ferait perdre de fait le rôle hégémonique dans l’accumulatoin financière mondiale, comment espèrent-ils que la demande privée puisse durablement repartir en l’absence d’une forte relance des commandes publiques , vis-à-vis desquelles ils adoptent un comportement de passagers clandestins, chacun comptant bénéficier des commandes du voisin ? Le seul argument de Madame Lagarde (« la remontée des stocks, d’ici à quelques mois ») révèle un nouveau sommet inconnu d’incompétence. Bien entendu, il faut de nouvelle règles, plus audacieuses que celles qu’ils proposent – nationalisation partielle des entreprises renflouées, avec entrée au conseil d’administration des représentants de l’Etat et des syndicats, de telle sorte que la privatisation des pertes puisse préparer une éventuelle nationalisation des gains : là, il y aurait effectivement une véritable « refondation du capitalisme »… -, mais il faut aussi une relance sociale et écologique sur laquelle l’Union européenne est très en retard sur la Chine et les Etats-Unis.
Dès lors que les deux stratégies tronquées qui s’opposent ont toutes les chances de déboucher aujourd’hui, au sommet du G20 ou ailleurs, sur un accord (car il en faut tout de suite, sous peine d’une nouvelle aggravation du dévissage), basé sur les plus petits dénominateurs communs : le minimum de régulation consenti par les anglo-saxons versus le minimum de relance accepté par les européens, le tout assorti de la promesse de faire mieux lors du prochain sommet, à la fois parce qu’il faut faire bonne figure sur la sempiternelle photo de famille et par ce qu’en bonne politique, il ne faut jamais insulter l’avenir, surtout par les temps qui courent,… de plus en plus vite.
En réalité, il faut bien comprendre que le retard tragique pour les millions de victimes, qui sont les mêmes que ceux des années de la folie spéculative, pris sur un nécessaire changement de paradigme repose sur des difficultés subjectives faciles à comprendre – in fine, les dirigeants actuels vont devoir se soumettre ou se démettre – et objectives, qui méritent une analyse plus approfondie, car ces dernières posent la question du futur ordre mondial et des stratégies réalistes qui peuvent y conduire.
Une nouvelle donne mondiale
Le principal point commun aux tenants des deux stratégies est le rôle qu’on s’apprête à faire jouer au Fonds Monétaire International (FMI), et plus généralement aux institutions financières internationales (IFI). Ceci est nécessaire pour les tenants de la relance, parce qu’en dehors des 4 grandes zones monétaires (dollar, euro, yuan et yen) le reste du monde ne dispose pas de moyens de financement autonome : toute politique de fuite en avant les conduirait à l’effondrement de leur monnaie et à la banqueroute. Outre la question politique et éthique que cela poserait, il y a depuis quelques semaines, la prise de conscience que des relances, même continentales, ne peuvent réussir dans un contexte d’effondrement d’une autre partie du monde pour des raisons qui ne sont pas seulement économiques. Il faut donc augmenter au plus vite les moyens d’intervention du FMI, qui sont déjà presque épuisés avec les quelques sauvetages déjà mis en œuvre ces derniers mois en Europe (de l’Islande aux pays de l’est) et en Afrique, notamment. La mesure d’urgence la moins compliquée est celle de la vente d’une partie du stock d’or du FMI (un huitième, début mars) : poursuivre celle-ci ne soulève aucune autre difficulté que d’éradiquer ce qui reste de « métalliste » dans la tête des conservateurs américains, qui ont ici 100 ans de retard sur Lénine !
Mais cet expédient utile ne permettra évidemment pas de financer la relance dans le reste du monde, hors des grandes zones énoncées ci-dessus : quid des masses nécessaires, s’il s’agit de renflouer le Royaume Uni, décidément mal en point, sans parler des plans de développement humain et de sauvegarde environnemental, bien identifiés par les organismes internationaux du système des Nations unies et les ONG ? C’est ici que la création de Droits de Tirages Spéciaux, c'est-à-dire d’une monnaie mondiale immédiatement disponible, apparaît comme la seule mesure susceptible de financer une relance réellement orientée vers le développement durable et les populations les plus défavorisés. De plus, son rôle d’alerte dans les politiques macroéconomiques serait renforcé et le caractère anti-social des conditions de ses prêts serait aboli.
Encore faut-il redéfinir les structures de pouvoir de l’ensemble du système financier international et, concrètement que les USA acceptent de renoncer à leur hégémonie, pour la remplacer par un véritable multilatéralisme équilibré, en particulier vis-à-vis des pays émergents : pour l’instant, B. Obama a admis que la réforme prévue du FMI soit avancée. Mais, évidemment, ceci ne préjuge pas un seul instant de la nature et de l’ampleur des réformes qu’il pourrait accepter dans le domaine économique comme dans d’autres et, encore moins de celles qu’il pourrait faire ratifier par le Congrès américain. On ne doit jamais oublier qu’au lendemain de la première guerre mondiale le Président américain Wilson, initiateur de la Société des Nations, n’a jamais pu en obtenir la ratification par son Congrès, ce qui a favorisé la montée des mouvements d’extrême droite dans la décennie suivante, ou, du moins garder présent à l’esprit ce formidable paradoxe de la puissance américaine : une hégémonie mondiale, conduite par des élus provinciaux. Et, puis, dans l’histoire universelle, il n’y a guère d’exemple qu’une puissance impériale accepte sans heurt de passer du leadership au partnership…
Quoiqu’il en soit c’est, au lendemain du G20 de Londres, bien plus que pendant celui-ci, que la nature profondément géo-politique de la crise de la mondialisation financière va commencer à apparaître au grand jour.
Domi Taddei
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| Une régulation mondiale légitime et efficace.Un article de Dominique TADDEI |
| Face à la crise de la mondialisation, caractérisée par l’hégémonie US et l’accumulation financière, quelle issue ?
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Celle-ci ne doit pas être le retour à un fractionnement du monde, évidemment lourd des pires conflits. Les drames humains, les urgences écologiques et les risques géo-militaires, nous le rappellent dramatiquement tous les jours : nous n’avons qu’une seule planète, dont nous sommes tous solidairement responsables. C’est pourquoi, l’altermondialisme n’est pas un anti-mondialisme, mais l’actualisation permanente du vieil internationalisme humaniste d’un Jaurès : il en partage les valeurs fondamentales, mais il ne considère ni la nation, ni aucune autre sorte de souveraineté comme pertinente pour réguler l’emboîtage de communautés de vie et de destin, qui forment autant de communautés politiques différenciés, de la planète jusqu’au quartier et au village.
Elle ne peut espérer, à un horizon crédible, la mise en place d’un gouvernement planétaire, dont l’utopie humaniste est hors de portée, même si nous ne devons pas cesser de promouvoir l’idéal d’une citoyenneté mondiale. Par contre, à défaut de convaincre toutes les puissances et toutes les consciences de faire « du passé, table rase », on peut espérer (devant les risques d’éclatement de crises en tout genre), peut être plus vite qu’on ne le croit parfois, constituer une large alliance pour proposer une nouvelle régulation mondiale, légitime et efficace. Celle-ci devrait s’appuyer sur la Charte des Nations Unies, la Déclaration Universelle des droits de l’homme et les valeurs essentielles de paix, de solidarité internationale, de développement durable et de diversité culturelle, en s’appuyant sur tous les efforts sincères de coopération mondiale et régionale, menés depuis 60 ans. Pour cela, les institutions existantes ne doivent pas être niées dans leur principe, car elles ont vocation à créer les conditions d’une régulation concertée et anti-hégémonique des grands problèmes mondiaux. Mais, elles doivent être aujourd’hui critiquées, sans relâche et sans complaisance, pour leur absence ou leur insuffisance de légitimité et, par là-même d’efficacité, ce qui suppose, moins leur disparition que leur transformation.
Il faut donc que le mouvement altermondialiste sache convaincre la conscience universelle, qu’entre régression et utopie, il est possible de définir une autre régulation mondiale, à la fois légitime et efficace, compte tenu de ce que l’efficacité ne pourra résulter que de sa nouvelle légitimité, fondée sur la promotion des droits humains et des libertés. Cette nouvelle régulation ne peut reposer que sur une stratégie de transformation des institutions existantes. Mais, en même temps, elle est toute autre chose qu’une simple addition de réformes ponctuelles, qui seraient l’affaire de technocrates et d’experts internationaux, et elle a besoin, pour réussir, de la participation du plus grand nombre des citoyens du monde, de leurs mouvements sociaux et culturels, de leurs organisations syndicales et de leurs élus légitimes, qu’ils soient nationaux ou locaux. Ce sont, eux tous, qui doivent s’emparer, en toute circonstance désormais, des principes essentiels d’une nouvelle régulation mondiale, légitime et efficace, et de toutes les conséquences qui en découlent.
Cette nouvelle régulation pourrait reposer sur 10 principes essentiels, dont découlent autant de conséquences concrètes :
1) Les institutions économiques, financières et commerciales sont subordonnées aux instances politiques légitimes.
Conséquences concrètes : L’intégration des institutions économiques mondiales (FMI, Banque Mondiale, OMC, BRI, OCDE), dans le système des Nations Unies, doit être effective. Ceci signifie le respect de leur Charte, de la Déclaration Universelle ; des procédures de décision conformes (cf. infra) ; la définition de leur rôle et leur contrôle par les instances légitimes (Assemblée Générale et Conseils de Sécurité : cf. infra).
2) Ces instances assurent une répartition multilatérale équitable à tous les peuples du monde.
Conséquences concrètes : La création d’un Conseil de Sécurité économique, social, culturel et environnemental (2 ESC, en anglais). Il serait composé de 10 membres renouvelables tous les 10 ans (dont 2 pour l’Afrique, 1 pour l’Amérique du Nord, 1 pour l’Amérique latine, 3 pour l’Asie, 2 pour l’Europe, et 1 pour et l’Océanie), comprenant les pays (ou groupements les plus importants de chaque continent) et de 15 autres membres, élus tous les 2 ans, par l’Assemblée Générale. Chaque membre représenterait un Etat ou un groupe d’états (tel que l’Union Européenne). Ce « 2 ESC » se substituerait aux différents clubs de pays riches du type G7, G8, G20 etc. Le PNUD, la CNUCED, la BRI et l’OCDE lui sont rattachées.
En cas de conflits entre les normes édictées par diverses agences spécialisées, le 2 ESC arbitre, après avis de l’assemblée économique, sociale, culturelle et environnementale (cf. infra).
Toutes ses décisions doivent être prises, suivant le principe de double majorité et à l’exclusion de tout droit de veto : elles ne sont validées que si elles sont adoptées par une majorité de ses membres, représentant la majorité des populations des pays membres, ce qui garantit un équilibre entre les pays les plus peuplés et les moins peuplés.
3) La société civile et les mouvements sociaux mondiaux doivent être associés de façon permanente à toutes les décisions des instances mondiales
Conséquences concrètes : La création d’une Assemblée économique, sociale, culturelle et environnementale, réunissant les représentants des organisations patronales, syndicales, culturelles (représentant les milieux artistiques et scientifiques) et environnementales, ainsi que les ONG humanitaires. Celles-ci devraient être obligatoirement consultées, avant toute décision de l’Assemblée Générale et des Conseils de Sécurité. Elle dispose d’un pouvoir d’initiative, pour demander à l’Assemble Générale et aux conseils de sécurité de délibérer sur toutes les questions qui leur semblent le justifier et des moyens d’études du PNUD, de la CNUCED et de l’OCDE.
4) La primauté de l’Assemblée Générale des Nations Unies
Conséquences concrètes : L’Assemblée Générale a seule pouvoir, pour édicter des normes et des recommandations, à son initiative, ou à celle de l’Assemblée économique, sociale et environnementale. Toutes ses décisions sont prises, suivant le principe de double majorité.
5) Régulation mondiale et séparation des pouvoirs
Conséquences pratiques : Les conseils de sécurité prennent toutes les décisions d’application, qui découlent des principes de la Charte et des résolutions de l’Assemblée Générale. De son côté, la Cour Pénale Internationale doit disposer d’une compétence universelle et obligatoire, englobant l’ensemble des tribunaux ad hoc, et d’une totale indépendance, à l’égard des autres instances mondiales, comme des états nationaux. Ses jugements sont assortis de sanctions, dont l’exécution relève, suivant les cas, de l’un et/ou l’autre des conseils de sécurité (opérations militaires et/ou sanctions économiques) ou d’une compétence universelle d’application des instances judiciaires de tous les pays membres.
6) Légitimité et cohérence de l’ensemble de la régulation mondiale
Conséquences pratiques : Le conseil de sécurité rapproche sa composition et son mode de décision de ceux du « 2 ESC », en vue de leur fusion. Les pouvoirs de sanction appartiennent aux deux conseils de sécurité, dans leur domaine respectif de compétences.
7) Le monopole de l’utilisation légitime des forces armées appartient à l’ONU :
Conséquences pratiques : L’ensemble des forces armées, mises à la disposition d’organisations internationales ou mondiales (Otan, casques bleus, etc.) sont regroupées et placées sous la seule responsabilité du conseil de sécurité des Nations Unies.
8) Le financement du développement durable est assuré par l’émission de Droits de Tirage Spéciaux (DTS) et de taxes globales.
Conséquences pratiques : Le Fonds Monétaire International, agence spécialisée de l’ONU, applique les normes édictées par l’Assemblée Générale, ainsi que les décisions du « 2 ESC », prises après délibération de l’Assemblée économique, sociale, culturelle et environnementale. En particulier, il offre, par une émission suffisante de DTS, le financement de l’ensemble des projets de développement durable, ainsi que l’annulation de la dette des pays pauvres, en relation avec les banques régionales de développement. Il peut mettre en place une fiscalité sur les mouvements internationaux de capitaux, en particulier sur les plus spéculatifs et les plus déstabilisateurs d’entre eux, ainsi que sur les activités polluantes. Il contribue à une évolution raisonnée des parités monétaires, par une contribution équilibrée des pays excédentaires et déficitaires.
9) Les échanges de marchandises (biens et services) sont régulés dans une perspective de développement durable de la planète et de justice pour tous les peuples.
Conséquences pratiques : L’organisation mondiale du commerce est assurée par une agence spécialisée de l’ONU, qui exerce des compétences déléguées, et met en place, en tant que de besoin, des politiques régulatrices, afin que l’élargissement des échanges assure le développement des biens publics mondiaux, la souveraineté alimentaire et sanitaire de tous les pays membres, ainsi que leurs activités émergentes, de même que l’ensemble des missions assurées par les autres agences spécialisées : droit du travail, protection de l’enfance, préservation de l’environnement, action culturelle, etc..
10) Stratégie pour un développement planétaire durable
Conséquences pratiques : La préparation des délibérations environnementales, de portée mondiale, est faite conjointement par les deux assemblées générales. Après délibération de l’assemblée économique, sociale, culturelle et environnementale, les normes sont adoptées par l’assemblée générale. Le « 2 ESC » est chargé de leur mise en œuvre, avec l’ensemble des agences spécialisées (FAO, OMS, BIT, UNICED, etc). Il établit une fiscalité écologique sur les émissions de CO2 et les déchets nucléaires : le produit de celle-ci sert pour une part à indemniser les travailleurs pénalisés par cette fiscalité et pour partie à mettre en place des activités de substitution.
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| Mercredi 19 Novembre 2008 |
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| semaine de la solidarité internationale à BASTIA |
| salle polyvalente de lupino
Bastia à l'heure de la solidarité internationale | Collectif pour la semaine de la solidarité internationale à Bastia : LES PETITS DEBROUILLARDS/ASSOCIATION IDEES/A FRATELLENZA/COMITE CATHOLIQUE CONTRE LA FAIM ET POUR LE DEVELOPPEMENT/LE SECOURS POPULAIRE/ATTAC BASTIA/SLOW FOOD CORSICA/CORSICA-AMAP/FEMMES SOLIDAIRES/FORESTIERS SANS FRONTIERES/RESF
Evénement national de proximité, la Semaine de la solidarité internationale (15 au 23 novembre 2008) montre la diversité des engagements solidaires et des projets de développement. Les acteurs de la solidarité internationale partagent leur passion. Ils amènent un public très varié à s’informer sur les enjeux majeurs de la solidarité internationale : développement durable, promotion de la paix et de la non-violence, défense des droits humains, migrations, volontariat international, tourisme et finance solidaires, commerce équitable…
Des temps forts auront lieu à BASTIA les 21 et 22 novembre 2008 à la salle Polyvalente de LUPINO : ateliers scolaires, Déjeuners solidaires, fête avec stands des associations, dégustations de produits équitables, expos, projections, débats, conférences, animations scolaires … La Semaine de la solidarité internationale est un véritable bouillon d’initiatives. Ces animations organisées dans des dynamiques transversales et collectives mettent le quartier de Lupino-Montesoro à l’heure de la solidarité internationale.
Vendredi 21 novembre : Ateliers avec les scolaires
Matin et après midi les enfants s’ouvent au monde 0 travers les ateliers de forestiers sans frontières, l’association pour le commerce équitable IDEES, les petits débrouillards et le comité catholique contre la faim. Conférence de presse à 10h30 pour présenter les objectifs de la semaine.
Samedi 22 novembre 2008 : Grande fête de la solidarité internationale
9 h- ouvertures des stands et expositions : Stands slow Food /ATTAC Bastia/RESF/le secours populaire/femmes solidaires/forestiers sans frontières/A Fratellenza/ Corsica AMAP /RESF/les petits débrouillards/comité catholique contre la faim…
9h00- Conférence –débat sur le commerce équitable avec IDEES
10h30- Présentation de la campagne de femmes solidaires sur la violence faites aux femmes.
11h- expérience avec une école au MALI (film et débat) avec Forestiers sans frontières pour lutter contre la déforestation.
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12h30- Apéritif gratuit équitable sans alcool et dégustation de produits équitables
13h00- projection du film « We Feed the World, (le marché de la faim) le documentariste Erwin Wagenhofer propose aux spectateurs en 96 mm un regard sur l'agriculture mondiale
14h00 débat avec la Présidente de CORSICAMAP, association pour le maintien de l’agriculture paysane Projection d’un film
16h 30 -Projection du film et débat «invitation à quitter la France » avec Réseau Education Sans Frontières-Corsica en présence d’éducateur et d'un avocat
18h- Contre la grande pauvreté, présentation des actions de A FRATELLENZA et du SECOURS POPULAIRE
20 h- fermeture
Expositions présentes :
Forestiers sans frontière
Exposition du comité catholique contre la faim et pour le développement sur la solidarité internationale avec projection de film pour les enfants
Expositions autour du stand: Corsica Amap /OXFAM france
La brochure « Agir en citoyen solidaire », produite en partenariat avec le magazine Alternatives économiques, est rééditée cette année. Destinée aux publics intéressés pour approfondir leurs connaissances sur la solidarité internationale, elle sera disponible gratuitement.
Actions hors des temps fort pendant la semaine :
- ATTAC Bastia propose une conférence-débat au lycée technique sur la problématique de la Dette des pays émergeants et présente l’action d’Oxfam le 20/11/2008.
- Exploitation en milieu scolaire du DVD de RESF ‘Comment écrire sans papier »
- Un débat sur le commerce équitable est proposé à la radio RCFM
Contacts intervention lycées : OLLANDINI Philippe 04.95.32.84.35./04.95.34.10.92.
Contact ateliers scolaires : Dominique MAUNY 06.78.19.66.90.
Contact presse : Odile BRANCA et Lucrèce MAC DANIEL 06.24.85.10.57.
Associations coordonatrices : ATTAC BASTIA et Comité Catholique contre la faim et pour le développement, IDEES pour les ateliers scolaires.
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| Front de refus du PADDUC |
| Un front de refus ce fait jour contre le plan de développement (PADDUC) élaboré dans l’opacité par l’exécutif de la collectivité territoriale. | Le modèle de développement proposé est dépassé et archaïque et livre la Corse aux appétits financiers. La majorité de la population est maintenue dans le sous développement. Le patrimoine environnemental est en danger par la remise en cause des lois et textes protecteurs et les générations futures n’auront qu’un héritage dégradé. La Gauche Alternative appelle l’ensemble des citoyens à se mobiliser pour le retrait du projet mais dans un même temps elle demande un grand débat public sur l’avenir économique, social et culturel de la Corse pour que se dégage les lignes fortes capables de donner aux corses les moyens de se réapproprier leur avenir.
Corte le 12/09/2008
lien avec le site de U levante pour signer l'appel
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| CORSE 2030 |
| Rencontre de Pigna
juillet 2008 | 
Cette rencontre avait pour objet la validation et l’amélioration par les participants du texte de nature programmatique « Corse 2030 ». Eléments de réflexions, plate-forme ou plutôt véritable réappropriation économique, démocratique, sociale et écologique dont nous avons tous besoin ?
Dominique TADDEI trace une analyse de la mondialisation en crise : crise financière, crise alimentaire, crise sociale. Sommes-nous à la veille d’une grande rupture ? Malgré la remontée du militantisme, il existe réellement un problème de blocage politique des appareils politiques. L’appel lancé par POLITIS ressemble plutôt à un appel de cartels d’appareils. En même temps en Corse tous nous constatons la montée de la société civile (droits de l’homme, collectifs de défense, écologistes...) qui se heurte tant aux archaïsmes de gauche que de droite et ne trouve pas le moyen de s’exprimer politiquement.
Toni CASALONGA explique comment en Catalogne se sont retrouvés des citoyens d’horizons très divers dans « convergences democratica « pour trace ensemble des perspectives politiques.
Sampiero SANGUINETTI explique que son approche des raisons de l’apathie économique n’est pas partagée par tous (cf « Corse le syndrome de Pénélope » Albiana). Les cercles de réflexions permettent de mobiliser sur les grands thèmes, telle la question du clientélisme favorisé par la structure institutionnelle française et qui devient la voie incontournable pour celui qui veut être élu. Derrière de clientélisme se cache le clanisme. Autre grand thème la méditerranée. Aujourd’hui alibi pour justifier les quotas d’immigration et les seuls intérêts de l’Europe. Quelle place pour une coopération entre ses rives ? La question du développement et du tourisme sont des thèmes essentiels. Comment envisager l’activité touristique sans être capable le satisfaire les besoins de la population touristique (dont l’approvisionnement alimentaire par des produits de terroir) et donc comment sauver le foncier pour sauver l’agriculture ?
Hélène SANCHEZ regrette l’absence de Françoise TOMEI et de Dominique MAUNY qui auraient pu développer leurs idées sur les questions de migrations et de métissage.
Fanfan GRIFFI exprime la formidable attente qu’il existe dans notre société : attente de rupture avec les pratiques clanistes, attente pour « faire autrement ».Ce temps de la rupture est venu. Notre socle c’est la Corse, il existe une véritable passion pour notre ile. Il n’y a qu’a voir le succès rencontré par les activités proposées de connaissance du patrimoine et de la culture corse (des tortues aux arts du feu en passant par le chant ). Oui il y a nécessité de s’ouvrir aux autres. Il n’y a pas d’avenir sans métissage, c’est une voie qui peut remettre en route notre société et l’éloigner de ses vieux démons.
Pour Jean Louis MORETTI l’individu seul peut beaucoup, souvent l’on pense à tord que seul le collectif prime. L’absence de programme s’explique : est-il utile d’avoir un programme avec un fonctionnement claniste ? Ce ne sont pas les documents, les études ou les financements qui manquent c’est avant tout l’imagination c'est-à-dire les idées. Il existe un malentendu avec le tourisme : en 1993 le plan de développement appréciait le tourisme comme « un mal nécessaire ». En 2008 avec le PADDUC il devient « une formidable opportunité ». On oublie que contrairement a d’autres contrées, 95 % de l’appareil touristique est de maitrise locale ! La dérive en Corse comme dans le monde c’est l’immobilier avec tous ses défauts et cela met l’opprobre sur cette activité économique qu’est le tourisme.
Nous constatons une accélération de l’aliénation du foncier. Des terres agricoles sont vendues par des agences immobilières ce qui est nouveau .La CTC pose par la voie de ROCCA SERRA la question de la dé-sanctuarisation de la CORSE. Il ne peux y avoir d’économie durable sans aliénation du foncier par la collectivité (droit de préemption ou rachat par organisme public). Des outils régionaux existent ou ont existés. Comment créer une synergie entre agriculture et tourisme ? C’est l’hôtellerie qu’il faut développer pas l’immobilier.
Hélène SANCHEZ indique qu’il existe des propositions d’aliénations publiques (cf grenelle environnement à Corte : propositions des associations).Elle pose la question du tourisme équitable NORD-NORD (pas seulement nord-sud) avec une filière labellisée qui ferait la différence dans la destination.
Dominique TADDEI se prononce pour un élargissement Européen constitutionnel progressif des peuples de la méditerranée et contre la notion de souveraineté. Il préconise pour amorcer le dépérissement du clanisme la fin du cumul des mandats et des fonctions dans le temps dans l’espace et l’exigence d’une véritable parité (cf texte « la démocratie une idée neuve » ou « en finir avec le clientélisme » sur contra focu).
Concernant l’approche économique, il indique que se qui compte aujourd’hui est une économie « présentielle » c'est-à-dire l’attractivité d’un territoire (trouver un emploi de qualité ou des moyens de vie honorables). Le critère principal est le revenu pas la production. La Corse bénéficie d’une attractivité de type identitaire(+de 4500 habitants de plus par an depuis dix ans). La Corse est au 12é rang pour les revenus alors qu’elle était au 22 é il y 10 ans).
La discussion s’engage sur la production identitaire telle celle du vin corse symbole de réussite économique et qui résiste aux crises actuelles du vin. Le circuit court en économie doit être valorisé car moins polluant (absence de transports, pourvoyeur d’emplois…).
Elisabeth souligne l’importance de l’éducation dans notre région, trop de jeunes partent de l’école sans diplômes attiré par des emplois saisonniers qui fera d’eux des travailleurs précaires. L’éducation est un véritable investissement pour l’avenir.
Pour Sampiero SANGUINETTI le défaitisme est trop présent. Le bilan des 50 ans passées relève des éléments prés positifs tels le statut, l’université, l’audiovisuel ; les musées…Concernant l’agriculture, la CTC n’a pas de véritable politique agricole. Elle ne veut pas des agriculteurs car leur profession gène la spéculation foncière.
Fanfan GRIFFI se prononce pour un maillage Public-Privé dans les investissements productifs. On doit aider les entreprises qui investissent dans des projets orignaux et créatifs à long terme car elles manquent alors de fonds propres. Notre exigence doit être la qualité.
Dominique TADDEI s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre pour faire pression sur la grande distribution. L’idée de consommer « corse » doit progresser. Le produit « corse » lorsqu’il existe est consommé. Des exemples de produits de grandes qualités trouvent acquéreurs malgré un prix élevé sont cités : fromages, vins…
La question des ressources pour la corse est alors soulevée par Hélène SANCHEZ. Quelles ressources pour quel développement ? La taxe sur les transports est elle un impôt archaïque ou moderne ? Les éco taxes développées par certaines iles (Sardaigne, Baléares) sont elles des exemples ? Il est à souligner que la taxe sur les transports aurait été un impôt affecté qui a perdu sont affectation !!! et que cette taxe fixe est la même pour un Bastia-paris que pour un Bonifacio-Santa Teresa. Que dire de la TIPP (produits pétroliers) affectée au budget régional qui augmente au même rythme que les prix du baril ? Parmi les taxes a réformer les taxes aéroportuaire qui représentent 1/3 du billet et qui ne sert qu’a financer des emplois qui ne paraissent pas avoir beaucoup d’utilité.
Quelles réponses aux urgences de la précarité, de la demande en logements sociaux, quelle répartition de la richesse pour un saut quantitatif ?
Sampiero pose la problématique de l’eau, véritable pétrole en Turquie qui la vend à toute la méditerranée alors qui en Corse elle peu valorisée. Il n’existe pas une politique cohérente de l’eau malgré la présence de l’Office hydraulique (a noter les travaux de l’université de l’eau à Corte).
Philipe OLLANDINI exprime le nécessaire questionnement dans un programme sur les questions de la ruralité, la solidarité du territoire pour résoudre durablement la désertification.
Sur la question des territoriales on sait qu’il n’y aura pas de modification de mode de scrutin. Certains pensent déjà au 3eme tour, ce qui est un déni de démocratie. Comment interpeller sur les questions de fonds, proposer une réflexion au débat, transformer les combats en débats ?
Fanfan GRIFFI pose la question du courage de « dire les choses, aborder les sujets qui fâchent, rompre avec une société de plus en plus névrosée ».Il existe un véritable besoin d’expression politique. Contra Focu en est l’exemple. Remplacer le slogan par le débat, avoir une démarche non partidaire, exprimer sa liberté...tout un programme.
Il a été décidé de diffuser le texte « corse 2030 » amélioré par notre débat dès septembre 2008, il sera soumis à des associations, groupes de réflexions et adressé aux principales forces de gauche et progressistes. Des textes seront mis en annexes pour completer).
Peut être faudra t-il faire preuve d’imagination pour formuler les idées ; les synthétiser, donner un nom à cette démarche, agrandir le cercle de la rencontre...La volonté politique peut changer la donne, un processus de réappropriation économique qui mêlerait création et métissage est possible
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